• 2 Déc 2016
    PAR Magouille

Landes bretonnes

Le grain arrive. On va devoir se mettre à l'abri. Nous sommes sur le sentier des douaniers, en plein Finistère. Un voilier passe sur l'onde encore tranquille. Que faire ? Rebrousser chemin ? Continuer plus loin ? Dilemme face à la pluie diluvienne imminente.

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Pointe de Trébéron

On rebrousse chemin. On se tourne encore vers la voile blanche. L’eau sage dans lequel miroite le ciel gris souris. Face à nous, il y a Morgat, son port et sa série de crêperies. Dès que la pluie se mettra à tomber, tout le monde ira là-bas chercher un chichi.

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J’ai un truc avec les paysages de landes. Pas vous ? Ca doit venir de mes lectures d’adolescence – Le Chien des Baskerville, L’Auberge de la Jamaïque.

La lande, c’est l’environnement des contrebandiers embusqués, des meurtriers furieux, des gens pas nets quoi. Un endroit énigmatique où se lovent des secrets insoupçonnés à l’ombre des ajoncs fleuris. C’est ce que me confirme cette demeure étrange, là, qui flotte au ras de la végétation rabougrie. Elle est forcément hantée.

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Ca y est, il pleut.

« Et si on allait au Cap de la Chèvre ? »

On snobe les chichis. On part cahin-caha sur une route sans issue. Au bout, un vaste parking au milieu de rien. Des camping cars sont garés en rangs d’oignons. Une vieille dame débarque d’un taxi, et s’engage sur un sentier de randonnée avec une énorme valise, l’air totalement perdu. Je savais que j’allais voir des choses étranges.

On s’aventure vers le mémorial de l’aéronautique navale. Les vapeurs de brume rasent les nappes de bruyère. C’est joliment tristounet.

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Depuis que j’ai retrouvé l’Atlantique, je redécouvre ces paysages tantôt doux, tantôt dramatiques. A la fois impénétrables et familiers. Du Nord au Sud, 615 kilomètres à redécouvrir, et face à nous, cet océan qui mène vers d’autres mondes.

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