• 29 Sep 2017
    PAR Magouille

Ecrire tous les jours

Depuis un mois, j’écris TOUS LES JOURS. Yihaaa ! J’écris ce message les bras en bas sinon ce ne serait physiologiquement pas possible, mais mentalement j’ai les bras ouverts en signe de V. V comme victoire. En langage d’émoticône : \o/

J’ai écrit tous les jours, punaise. Cette annonce a la même valeur pour moi que si je te confiais que je ne fumais plus depuis un mois (si tu as été fumeur dans ta vie, tu sais). On passera sous silence les rares jours de rechute, ceux où ça n’a pas marché pour des raisons irrésistibles. Chut… Sur une base tendancielle, j’ai écrit tous les jours.

Elle ne savait pas qu’elle pouvait le faire, mais elle l’a fait. *
projet créatif de septembre
* (ces phrases ont des visées auto-persuasives)

Je n’ai pas craqué. Je n’ai pas souffert. Je n’ai pas craché mes poumons. Je n’ai pas pleuré sur le clavier (enfin si, juste une fois). Je n’ai eu aucun symptôme à déplorer. Ca m’a juste fait beaucoup de bien. Pour cette raison, je peux maintenant affirmer haut et fort, avec joie et fierté : je vais continuer. Encouragez-moi bien fort. Le spectacle ne fait que commencer, les gars. *


Si tu aimes écrire,
que tu as toujours aimé écrire, que tu écris toujours, depuis toujours, du plus loin que tu t’en souviennes, un peu par ici, un peu par là, un dimanche soir avant d’aller te coucher, un matin sur le chemin du boulot, dans un carnet, sur ton téléphone portable, sur un document Word, aux toilettes ou dans la file d’attente au supermarché,
tu me comprendras.


On peut aimer faire quelque chose, adorer, surkiffer. Se dire « je le ferai quand j’aurai le temps » (ah le temps). Bilan à la fin de la semaine : on n’y est pas arrivé. Bilan à la fin de l’année : on reprend des résolutions, des promesses perdues. Bilan à la fin de sa vie : on a laissé passé sa passion, sa raison de vivre. Oui c’est une vision tragique, j’ai vu huit fois Autant en emporte le vent.

Improviser ou ritualiser ?

J’ai testé d’écrire tôt le matin, tard le soir. Il y a toujours eu quelque chose pour perturber le rythme, la cadence. La fatigue, une machine à lancer, une charrette à boucler. Plein de raisons raisonnables. Et surtout, au fond de moi, une voix diabolique qui tuait dans l’oeuf toutes mes aspirations.

Très jeune, on a planté cette idée en moi : écrire, ça ne rapporte rien. Peanuts. Heureusement, j’ai trouvé un métier qui invalidait cette vérité. Longtemps, j’ai écrit tous les jours pour les autres. J’en ai été heureuse. C’est un exercice que j’adore (car il est plus facile de faire dire des choses aux autres que de les dire soi-même).

Ca a été plus rare que j’arrive à écrire tous les jours pour moi. Ecrire pour soi, c’est plus difficile. Quand je dis « écrire pour soi », c’est « écrire en son nom » (on écrit fondamentalement pour quelqu’un, mais c’est un autre sujet). Ecrire pour soi, ça ne rapporte que des cacahuètes. C’est souvent moins prioritaire.

L’exercice quotidien

Pour la première fois dans ma vie, j’ai réussi à relever ce défi : j’écris tous les jours au même endroit, au même moment, dans la même configuration. Mon organisation actuelle fait que c’est possible. Je ne sais pas si ça se pérennisera (j’espère que oui).

Depuis le 24 août, je suis sortie de ma paresse créative. Je crée un document par jour et je le stocke dans un dossier, dont l’icône, pile au milieu sur mon bureau, est intitulée de manière très suggestive : « Write 1 doc a day ».

Le fait de voir la liste des fichiers s’agrandir matériellement et quotidiennement est super motivant. L’accumulation me donne une preuve concrète. En sauvegardant mon fichier avec la date du jour, je rajoute chaque fois une pierre à l’édifice. J’ai un sentiment d’accomplissement enivrant et libérateur (vous le connaissez, non ?).

Je n’ai aucun syndrome de la page blanche à déplorer (pour l’instant). Je vogue. J’écris sans but. Sur tout et sur rien – surtout sur rien. Mon unique fil conducteur, c’est d’écrire avec sincérité. J’ai écrit sur des sujets qui me tiennent à coeur, ravivé des souvenirs, exploré des pensées insoupçonnées. Bizarrement, j’ai beaucoup écrit sur l’écriture.

Je me pose la question de partager des bribes sur le blog. On verra. Il y un an, j’avais écrit des billets comiques et désespérés sur ma grossesse, que je n’ai finalement pas publiés. (J’ai peut-être manqué l’opportunité de sauts bondissants dans mes stats de lectorat, on ne saura jamais.)

Bref

Je vous livre ici mon simple témoignage : oui ça marche. Je n’ai pas de lot de conseils avisés à donner, d’autant que des gens hautement légitimes l’ont déjà fait. Mais j’ai validé quelques vérités :

  1. La récurrence est payante. C’est la force de l’habitude, le cercle vertueux, la spirale de la win.
  2. Le week-end perturbe la routine. Et le lundi, c’est plus difficile. Ouh oui que c’est difficile.
  3. C’est addictif. Le fait de faire tous les jours me pousse à continuer. J’aime ça, donc pourquoi arrêter ?

Comme un secret dévoilé qui te pousserait à l’achat compulsif, je voulais te partager mon retour sur expérience. Si toi aussi tu aimes écrire, je t’incite à ne faire qu’une chose : essayer. Tu verras, tu seras fier et après, on pourra former un club de l’amitié


Creative Therapy Sur un coup de tête en début d’année, j’ai démarré cette rubrique sur la créativité (dont cet article fait partie). Je teste tout plein de trucs dans un seul but : m’amuser. Tu peux consulter mes expériences créatives et me parler des tiennes. Je suis preneuse de tout conseil, mot d’encouragement ou petite blague (même très personnelle).

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