• juin 7, 2017
    PAR Magouille

Balade bucolique :
les marais de Bruges

C’est le dernier des Mohicans. Le dernier bastion de l’ancien grand marais de Bordeaux. Un vestige ou une relique, disent certains. On dirait plutôt une capsule écologique qui nous propulse dans le temps, au 19ème siècle. Cet écosystème marécageux miniature est un héritage historique et environnemental. On pose la voiture sur un petit parking près de la très fréquentée D210, qui relie Bruges et Blanquefort. Après la ligne de tram, le portillon marque la frontière d’un autre monde. Un paysage de bocages, des chevaux tranquilles. Puis la vieille ferme (300 ans, cette vieille dame), son large puits de pierre, son jardin aux roses carmin, sa botte de foin nonchalante. Le brouhaha citadin baisse le volume. On entre dans cette parenthèse pastorale incroyable. Un refuge où vagabonder silencieusement.


La réserve naturelle des marais de Bruges

Un deuxième portillon nous ouvre les portes d’un sanctuaire. Comme dans tout sanctuaire, l’entrée est sacrée. On entre sur la pointe des pieds. On chuchote. On passe sans laisser de traces. Tels des Sioux.

Un sentier rectiligne s’enfonce à l’horizontale dans le marais. Les nuages se déploient au-dessus de nous. Tout autour, le spectacle d’une vie quasi invisible. Tiens là, un lézard vert fluo. Ici, un papillon. Là-bas, un cygne, des grenouilles (beaucoup de grenouilles).

Des jalles, des petites mares, un étang. Des haies et des broussailles. Des farandoles de roseaux.

262 hectares bucoliques

Pour entretenir les prairies, des poneys landais et des vaches marines occupent les lieux. La réserve est le point de chute de nombreux oiseaux migrateurs. Pour les guetter, trois cabanes jalonnent la fin du sentier.

Notre non-expérience en observation d’oiseaux fait que je m’avoue vaincue direct. On ne va rien voir. Chanceux que nous sommes (tout est relatif), on aperçoit un héron et des cigognes.

Sur la réserve : 3000 espèces de plantes et d’animaux et plus de 150 espèces d’oiseaux relevées (une chouette infographie sur les animaux de la réserve)

Parmi la faune qui se cache par ici, des visons, belettes, blaireaux, loutres, putois, écureuils et hérissons. Ceux-ci sont menacés par la circulation environnante, relativement dense, car on se situe dans une zone industrielle et urbaine. C’est un peu l’histoire des animaux du Bois de Quat’Sous, vous connaissez ? (cette histoire me déprimait quand j’étais petite)

Les marais girondins sont nés des crues et des marées de la Garonne. En débordant, le fleuve a déposé des alluvions qui se sont accumulés, empêchant ses affluents de rejoindre ses eaux. Ce phénomène de goulet d’étranglement a favorisé l’accumulation d’eaux dans les terres.

Verte. Belle. La réserve nous immerge dans un environnement paisible, agréable. On aurait envie d’aller plus loin, d’en voir plus. La partie ouverte aux visiteurs reste petite pour préserver la majeure partie de la réserve, et en faire un vrai refuge pour la vie sauvage.

Plus qu’un endroit pour marcher, c’est un endroit à visiter et revisiter. Un enclos pour flâner, contempler, fureter. Regarder à droite et à gauche du chemin. Laisser courir l’imagination dans les roselières, à l’orée du bois. Méditer, peut-être ?

En pratique

Le chemin fait 2,4 km aller-retour. Attention, la réserve est fermée les jeudis et vendredis, même fériés ! Les autres jours, elle est ouverte à la visite libre, de 10 h à 18 h. Les chiens, même en laisse, sont interdits. Bottes hautement recommandées par temps de pluie.

Le parking n’est pas très grand, et le sentier linéaire. Pour éviter une visite embouteillée, mieux vaut fuir le dimanche et venir aux heures les plus propices – un samedi en tout début d’après-midi avec temps mitigé on n’a pas croisé grand monde.

Des balades guidées sont organisées et permettent de voir des parties normalement inaccessibles. Elles peuvent être faites avec des enfants à partir de 7-8 ans.

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